J'ai terminé Fanfan d'Alexandre Jardin ce matin. Décidément, durant mon secondaire, j'ai passé droit de tous les classiques destinés à faire damner les adolescents. Dits classique que je prend plaisir à découvrir avec quelques années de retard. Et c'est probablement tan mieux. Lire Fanfan aujourd'hui est bien plus concret de réel qu'il aurait pu l'être quand j'avais 16 ans. Vivre une histoire passionnelle dans la non-action de l'amour, j'ai une petite idée du procédé, merci de l'évoquer.
Donc, A. Jardin reste... nébuleux, non. Controversé dans mon esprit. Une relation amour-haine qui m'a poussé à le dévorer pour en finir au plus vite. Mais qu'est ce que ce personnage vide qu'est Alexandre? Comment une confrontation de sa famille peut devenir une si intense crise d'adolescence. Tient, c'est peut-être pour ça qu'il est à l'étude à l'école secondaire. Et à l'opposée, Fanfan qui semble pourtant si pleine et qui va tourner des films sur le front en Irak, mais qui fait la marionnette dans les mains d'Alexandre. Pourquoi est-ce que l'homme détient forcément la mise. Même au pied du mur, c'est Fanfan qui le supplie. Critique féministe peut-être inapproprié, mais tout de même. Si Fanfan aurait été féministe pour 2 sous, elle serait parti, ou elle te l'aurait piner ton Alexandre, Jardin! Mais surtout, pourquoi je reste perplexe, c'est comment la convoitise du corps de Fanfan peut aboutir à cette petite phrase timide. Je cite:
"Nous fîmes l'amour à la belle étoile en passant outre à la pudeur, dans la confiance retrouvée et la tendresse, avec abandon et retenue."Quoi?? Jardin, reformule merde! Tu vis dans quelle réalité? Tu jouis sur une nana pendant 230 pages, et quand tu cède enfin, c'est ce qui se passe? Un amour "tendre" entre deux dunes de sable? Tout le long du récit du frémis de désir, tu imploses de ne pas la toucher, tu tremble à l'idée de t'en approcher, et tu la prends finalement dans ces mots là? ... Ok. Bien tan mieux pour toi. Si ça avait été mon histoire, j'aurais mieux aimé une apogée un peu plus... spontanée et explosive disons.
Mais outre tout ça, ce n'est pas un coup de geule que je porte à l'auteur, ni au roman. Pour tout pleins de raisons. Et pour sa thématique qui porte à réflexion. Est ce que je crois en la passion éternelle? Faut-il privilégier l'amour à la passion, ou la passion à l'amour? La passion va t-elle de paire avec l'amour? Doit-elle être inassouvie pour rester intacte? et bon, nombre d'autres déclinaisons de la questions amour-passion...
Et sur ce joli procédé de déni **ou de détournement, c'est selon**, j'ai une journée assez chargée à entamer. J'y reviendrai.